Acte I  : la découverte.

Tout a commencé alors que je faisais mon promeneur néo-bordelais rue Notre-Dame, en plein coeur du quartier des Chartrons. Et alors que mon regard se perd sur les vieilleries bizarres des antiquaires, j’entends un air de jazz au piano. Je vois une enseigne avec un jeu de mot douteux : Conserverie – Converserie. Soit. Mais surtout des vieilles pierres, des bouteilles de vin et ce qui ressemble effectivement à une épicerie fine.

La Conserverie - Bordeaux La Conserverie - Bordeaux

J’entre d’un pas timide sur les vieux tapis pour ne pas déranger le pianiste au fond de la boutique. Je fais semblant de regarder les conserves et la charcuterie parce que mon objectif, là, c’est le jazz. Je vois quelques affiches, tiens, un concert, ça devrait plaire à la belle. Au bout de 10 min l’homme s’arrête en m’apercevant.

– Vous avez vu la terrasse au fond ?

– Ah non. Dingue !

– Vous savez que nous faisons des concerts ?

– Ah oui ? Génial !

– Et vous pouvez venir goûter nos vins en grignotant un morceau, petite restauration blablabla, miam, miam. Et puis on organise des soirées, c’est pour ça que ça s’appelle Converserie, parce qu’ici les gens mangent et prennent le temps de se parler.

Je sors de là avec 15 flyers et des apéro plein les yeux.

– Oui, oui on va revenir. Oui, on vient d’arriver. Cet endroit est très beau en tout cas, bravo. Blablabla, compliment.

S’en suit plusieurs mois de « Desencuentros », de rendez-vous ratés, de « mince, on a déjà plein d’autres trucs à découvrir à Bordeaux » et puis…

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Acte II : la rencontre.

Besoin d’un verre ! Journée de merde, il pleut depuis 15 jours. Marre ! On sort avec la belle à la recherche d’un troquet dans le quartier et éclair de génie ! Mais oui la Conserverie, ça faisait un bail qu’on se disait qu’il faut qu’on teste. Banco. Un verre de rouge, un Cairanne 2011, Côtes du Rhône, parce qu’autant Bordeaux c’est magnifique mais son vin est chiant comme la pluie, et une assiette fromage et charcuterie from Spain parce que les patrons ont compris que c’est là qu’on trouve la meilleure of the universe.

La Conserverie - Bordeaux

Les patrons. Oui, ils sont plusieurs, 4 associés si je me souviens bien ce que nous a raconté l’une d’entre elle, Elisabeth ? Raaa je ne sais plus, j’étais déjà un peu bourré et la belle aussi. Tout ce que je sais c’est qu’elle a pris le temps de nous raconter leur aventure. Le Gers d’où ils viennent, leur amour des bonnes choses et de les partager, le hasard d’une rencontre avec le lieu, l’envie de finir leur carrière en beauté, en se faisant plaisir, en continuant d’être leur propre patron, et Catherine, celle qui s’occupe du vin, the boss quoi. Mince alors. Ils ont 50 balais et ils sont plus funs que les petits trentenaires « ‘je paie des impôts et j’en suis fier mais j’aimerais bien en payer moins ».

– Oui, oui on va revenir ce week-end avec des amis. Ah tiens, il y a un concert samedi en plus !

– N’hésitez pas à venir assez tôt pour être sûr d’avoir de la place !

Et nous faisons la fermeture. Un mardi. Et nous rêvons de New York.

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Acte III : Johnny Cash.

Nous revoici. Cette fois, nous avons tenu notre promesse. Même vin, les copains en plus. Nico et Julie (les prénoms n’ont pas été changé) viennent de Paris et ils vont s’installer à Bordeaux incessamment sous peu car ce sont des personnes intelligentes. Une bouteille, deux bouteilles, trois bouteilles. De la charcuterie et du fromage again et du son ! Raw Wild. Un trio et Johnny Cash dans les cordes. Un micro vintage et la reverb’ qui va bien. Gomina, Stetson, gueule de crooner et groupies fringuées façon fifties, oui parce qu’elles sont nées dans les fifties : la totale. La belle est aux anges, elle a un sourire qui rendrait jaloux le Jesus de Johnny.

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Il y a du monde un peu partout sauf sur la terrasse car malgré le fait qu’elle soit abritée en hiver, il caille quand même un peu. Ça converse vénère entre les morceaux, un peu dans toutes les langues, et avec quelques étudiant de l’INSEEC (l’école de commerce qui se trouve dans le quartier), on se sent jeune. Et en fait c’est ça qui est génial dans cet endroit : il est hors catégorie. Ce n’est pas un bar à hipster, ni un bar un bobo. Ce n’est pas un bar de jeunes, ni un bar de de vieux. Ce n’est pas réservé aux bourgeois bordelais ni aux étudiants. Ce n’est pas un bar de gauche, ni un bar de droite. Il y a de tout et c’est l’unique marque du succès.

On manque de peu la fermeture cette fois-ci mais la troisième bouteille a fini par nous achever. On a essayé de sauver notre peau avec un dessert mais il était trop tard (bien que le dessert ait été très bon). Et puis de toutes façons, on s’était promis des fesses sur écran géant pour finir la soirée. Soirée de trentenaires ? Et alors ? Je t’emmerde petit con.

Epilogue : pourquoi tu vas aller à la Conserverie ?

Parce qu’ils ont un choix de vins au top (parce qu’à Bordeaux, on ne boit pas que du Bordeaux). Parce que leur charcuterie est délicieuse. Parce qu’ils sont sympas. Parce qu’on ne s’y ruine pas. Parce la salle est magnifique et qu’on s’y sent bien. Parce que la terrasse, cet été, est prometteuse de soirées mémorables. Parce que quand le patron te met dehors, c’est à coups de fraises tagada. Parce qu’il s’y passe toujours un truc : concert, soirée privée, rencontres… etc. Parce qu’on te le dit. Et pis c’est tout.

La Conserverie La Conserverie

Infos Pratiques :

La Conserverie – Converserie

18 rue Notre-Dame

33000 Bordeaux

05 56 81 49 17

Retrouvez le programme sur leur page Facebook !

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2 commentaires sur “Walk the Wine à la Conserverie

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