Ahah alors le provincial ? On a des regrets ? On veut de nouveau s’encanailler dans la folie des nuits parisiennes ? Bordeaux est finalement trop sage ?

Minute papillon ! Ça fait un moment que les nuits parisiennes font semblant d’être folles. Quant à Bordeaux, effectivement, il lui manque un grain.

Ce billet est un constat que je voulais partager avec vous suite à nos vacances à Budapest.

Cette ville est réputée pour ses bains qui foisonnent en centre ville et qui sont propices à l’art délicat de la relaxation des jeunes parents partis sans leurs enfants.

Ce que l’on sait moins, en tout cas quand on n’est plus étudiant, c’est que Budapest regorge de bars. Et pas n’importe quel bar mais ce qu’on appelle des « ruin bar », c’est à dire d’anciens squats d’artistes ou des immeubles désafectés (qui pulullent dans les rues de la capitale hongroise), réhabilités en lieux de débauches alcoolisée. Leur particularité : une déco délirante, des salles avec différentes ambiances, un son génial, des cocktails abordables servis copieusement dans des gobelets en plastiques, bref une décontraction affichée, une non-prise de tête assumée qui n’empêche pas de se sentir dans un lieu exceptionnel, drôle et décalé. Nous en avons testé deux, parmi les plus connus : le Szimpla Kert et le Fogoshaz.

Fogoshaz - Budapest

Fogoshaz – Budapest

Fogoshaz - Budapest

Fogoshaz – Budapest

Mazel Tov - Budapest

Mazel Tov – Budapest

Szimpla Kert - Ruin Bar Budapest

Szimpla Kert – Ruin Bar Budapest

Et en y réfléchissant bien, je ne connais pas d’équivalent ni à Bordeaux ni à Paris.

La Capitale s’est essayée au genre avec le Ground Control (devenu Grand train dans le 18ème et en attente de la nouveauté 2017 faussement décalée et subversive) ou la guinguette Javel. A Bordeaux nous aurions la Guinguette Alriq. Je n’ai pas la prétention de connaître tous les lieux de la vie nocturne parisienne et bordelaise et ce ne sont que des exemples certainement parmi tant d’autre. Mais malgré cela il manque quelque chose, un « je-ne-sais-quoi » qui fait que dans notre belle France on se sent toujours un peu à l’étroit dans nos bistros et nos restos souvent très beaux mais où on ose à peine péter sur les sièges en cuir.

Prenons un exemple : le Point Rouge à Bordeaux sur les quais entre sainte croix et la gare Saint Jean. L’endroit est hyper classe : déco sobre rouge et sombre, bar lumineux qui met en avant les beaux et bons alcools pour vendre des cocktails réalisés avec goût et expérience. Il y a une belle cave à fromage et charcuterie, une belle cave à vin, le personnel est sympa… bref tout pour plaire. Mais gare ! Si vous souhaitez boire du vin, il faudra vous adresser au bon serveur ou à la bonne serveuse, spécialiste en la matière. L’avantage c’est qu’au final, vous serez conseillé par quelqu’un de très compétent, l’inconvénient c’est qu’avant de boire, il vous faudra prendre votre mal en patience. Surtout il y a ce côté protocolaire très déplaisant pour se donner un genre « chic et soigné » mais qui casse toute la spontanéité de la soirée.

Alors certains plaideront la lourdeur administrative des autorisations en tout genre et les voisins tatillons qui veulent le calme de la campagne en centre ville.

Je crois surtout et ce n’est pas nouveau, qu’en France, on pète plus haut que son cul et en matière d’alcool, on manque sacrément d’humour et de second degré (sans jeu de mot). La faute à qui ? A Bordeaux peut-être et son snobisme viticole.

Et pourtant, Bordeaux est aussi une ville du pubs qui ont su garder leurs âmes d’enfants de Dickens mal élevés. Il y aurait donc de quoi faire…

J’ai le souvenir d’un bar à Grenade qui a fermé depuis je le crains : el Rincon de Mickael London. Un bar à tapas entièrement dédié à l’acteur qui interprétait Charles Ingalls dans La Petite Maison Dans la Prairie. Du délire, de la bière, des tapas et toujours beaucoup de monde qui avait juste envie de se marrer sous le regard angélique de l’acteur américain.

C’est peut-être cela qui nous manque à Paris et à Bordeaux : une bonne grosse dose de second degré et arrêter de se donner un genre. Il serait temps que dans notre pays, la comédie sociale cesse surtout quand il s’agit de se la mettre.

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2 commentaires sur “On s’ennuie un peu non ?

  • 26 mars 2017 à 16 h 12 min
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    En ce qui me concerne, j’emmerde la bourgeoisie, et Bordeaux c’est plus sympa sans les parisiens, surtout lorsqu’ils se croient dans des colonies quand ils viennent se perdre dans notre jolie région…

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    • 27 mars 2017 à 21 h 57 min
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      Et bien nous sommes heureux de l’apprendre. Merci pour votre lecture.
      Antoine.

      Répondre

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