Le quartier des Chartrons a mauvaise réputation à Bordeaux.

Pour commencer, beaucoup de Bordelais n’y mettent jamais les pieds. Ce n’est pas tout à fait le centre ville vous comprenez. Effectivement, le quartier des Chartrons se trouve de l’autre côté de l’esplanade des Quinconces, sorte de désert aride de gravillons régulièrement rempli d’obstacles (dernièrement la fête foraine et depuis ce week-end, la brocante). Deuxièmement, c’est devenu un quartier de bobos parisiens. Boutiques hype, petit poissonnier, petit primeur avec des fruits et des légumes qui reluisent le terroir… les exilés de la capitale ont investi les lieux et retapé les vieux immeubles en lofts hyper tendance : notre toute première voisine, elle aussi parisienne, a voulu nous rassurer en qualifiant le quartier de « petit Marais Bordelais ». Sur le moment, nous avons failli prendre nos jambes à notre cou mais nous avons persévéré et portons fièrement cette étiquette d’envahisseurs dans un quartier au chic discret.

C’est un village d’irréductibles avec son lot de personnages.

Les Antiquaires et leur mauvaise humeur, Paul et son pub, Juliena et ses pâtisseries, Jacques, Cathie, Bernard et Babeth et leurs conserves (et leurs bonnes bouteilles)… etc. Vous avez très vite l’impression d’être au-dessus du lot à part et c’est de fait, le quartier idéal si vous souhaitez impressionner votre dulcinée. Pour cela, nous avons testé dernièrement deux restaurants à l’image du quartier : chic, décontracté, qualitatif et bonne franquette malgré un prix un peu élevé mais qui en vaut la peine. Prêts ?

1- Gravelier.

Restaurant Gravelier Bordeaux

Les vieux ronchons vous diront que c’était mieux avant.

En même temps, il semblerait qu’on ait changé de catégorie : avant c’était un gastro tenu par le chef Yves Gravelier. Il faut juste comparer ce qui est comparable. Que s’est-il passé pour Yves ? Je n’en sais rien. Le nom ne change pas pour ne pas perturber le Bordelais, individu forgé d’habitudes, mais c’est un autre propriétaire et du coup un autre chef ont investi le lieu. Sylvain Martin, ça ne vous dit rien ? Moi non plus. Par contre, un truc qui devrait satisfaire d’autres vieux ronchons : le chef Martin était aux commandes de feu Le Régent place Gambetta. Pas la chaîne de bistros hein, LE Régent, le vrai, l’incroyable brasserie place Gambetta qui a fermé ses portes pour laisser place à un Pizza Pino que nous vous recommandons de fuir chaleureusement.

Restaurant Gravelier Bordeaux

Restaurant Gravelier Bordeaux

C’est tout pour les potins.

Sachez simplement que si comme moi, vous gardez un souvenir ému de la cuisine du Régent, vous ne serez pas déçu chez Gravelier nouvelle version. Il fait fondre du cochon avec du chocolat. Du cochonlat si vous préférez. Le tiramisu est une tuerie. Le tout arrosé d’un verre de Graves dans une déco brasserie moderne, épurée, classe. Un sans faute si ce n’est des prix qui vont avec la qualité. Nous avons profité d’une promotion la Fourchette (Festival de la Gastronomie) pour y aller.

Restaurant Gravelier Bordeaux

Allez et deuxième bémol s’il en faut un pour satisfaire les ronchons : c’est quoi ce prospectus ringard pour la promotion des repas de groupe ? En même temps, vous trouverez beaucoup de costards-cravate-tailleur à la pause déjeuner : ils viennent profiter de la très bonne formule du midi à 17,90 euros et je pense personnellement que c’est une très belle intro au 5 à 7 ou à un after work endiablé. Avouez que je vous ai vendu du rêve ?

Restaurant Gravelier Bordeaux

Restaurant Gravelier Bordeaux

2 – L’arc en ciel.

On se disait qu’en ce moment vous aviez envie de voir et d’entendre des Bisounours. L’arc en ciel est bien caché et pourtant il n’est pas difficile à trouver : il se trouve dans une impasse perpendiculaire à la rue Notre-Dame en plein coeur des Chartrons.

Restaurant L'arc en ciel Bordeaux

Comme pour un arc-en-ciel, un vrai, il suffit juste de tourner la tête au bon moment. C’est un premier test, pour savoir si votre esprit et votre palais sont prêts pour un « double rainbow expérience » (si tu ne fais pas parti des 45 millions de personnes qui ont vu cette vidéo, je te conseille vivement de cliquer sur le lien, c’est monumental).

Déjà la carte est complètement bisounours compatible : un grand tableau noir et un choix de 4 plats : une entrée, un plat, un plat-plat, un dessert. Plus tu en prends, plus ça coûte cher forcément mais c’est dégressif. Si tu prends un plat c’est 9 euros, deux, c’est 14 euros, trois, 19 euros et 4,  24 euros. Autant te dire qu’elle passe plutôt bien la dégressivité. Alors tu me diras, ouais 4 plats quand même faut avoir un bel estomac. Et bien non, camarade séducteur, car en plus d’être bisounours compatible, c’est petit estomac de petite meuf compatible (ça ne plaît pas aux vieux ronchons d’ailleurs). Le contenu de l’assiette c’est une espèce de fusion manga des Landes, tu vois le genre ? Chirachi de canard, boeuf poêlé au vinaigre de soja… etc. De quoi rendre dingue un critique du Fooding : « on était bien, on était sain, on était parfaitement fusionné dans une petite salle bien planquée où nous vous conseillons de réserver ». 

Si ça, ça ne fait pas le job…

Infos pratiques

Gravelier

114 cours de Verdun

33000 Bordeaux

05 56 48 17 15

Ouvert tous les jours de 12h à 14h30 et de 19h30 à 22h30.

Menu midi = 17,90 euros du lundi au vendredi

Menu à partir de 29,90 euros

A la carte : environ 35 euros avec boisson.

L’arc en ciel 

3 impasse du Couvent

33000 Bordeaux

05 56 81 06 79
Ouvert du lundi au samedi de 19h à 22h30.
Formule de 9 euros à 24 euros hors boisson.

2 commentaires sur “Je vais t’en mettre plein la vue (et la bouche) aux Chartrons

  • 24 novembre 2015 à 8 h 40 min
    Permalink

    Hello,
    merci pour cet article !
    Je suis personnellement tombé sur un nouveau resto qui a ouvert dans le quartier : Chez L’Daron.
    Et vraiment, très surpris par la qualité, le prix et l’ambiance ;)
    à tester sans modération :)

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    • 24 novembre 2015 à 15 h 51 min
      Permalink

      Bonjour Nels,

      Merci pour votre message ! On le note dans notre carnet avec d’autant plus d’enthousiasme que c’est une partie du quartier que nous n’avons pas encore exploré !
      Encore merci et à bientôt !
      Antoine.

      Répondre

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